Joseph Beuys

Installations, performances & vitrines

Gegenwart, 3ème étage

Commissaire: Søren Grammel




Faire la bonne chose, au bon endroit, au bon moment, tout l’art est là.

Joseph Beuys (1921, Krefeld - 1986, Düsseldorf)

Joseph Beuys est l’un des artistes majeurs et parmi les plus controversés du XXe siècle. Depuis toujours son travail est perçu de manière partagée. Pour les uns, Beuys est le plus grand des visionnaires pour avoir conféré une dimension nouvelle à la notion d’art, pour les autres il incarne l’image d’un artiste autoritaire ayant su surtout forcer l’admiration des jeunes générations. Malgré tout, son importance et son influence dans le champ artistique demeurent toujours d’actualité. L’exposition Joseph Beuys: Installations, performances & vitrines interroge les œuvres constituant le fonds Beuys et leur interprétation jusqu’à aujourd’hui. Elle permet aussi d’enrichir les installations par des prêts de films qui présentent Beuys en train de réaliser des performances.

Jusqu’ici, aucun film ni documentaire sur les performances de Beuys n’avait été montré en parallèle avec les pièces du fonds du Kunstmuseum Basel | Gegenwart. L’exposition Joseph Beuys: Installations, performances & vitrines enrichit pour la première fois les installations du fonds par des prêts de films. Dans quelle mesure les performances et leur enregistrement sur support vidéo sont-elles liées ? Comment transmettre l’art vivant qui se fonde sur des performances ? Il est impossible d’apporter une réponse catégorique à ces questions. Dans le film le Transsibérien datant de 1970, Beuys joue expressément pour la caméra, il agit en fonction du film qui est tourné. Dans I like America and Amercia likes Me, Beuys est conscient qu’une caméra est présente, mais son attention est dirigée vers la performance.

Malgré le statut controversé de ce matériau audiovisuel, l’exposition ne vise pas à le présenter sous la forme d’un programme de films, mais bien en dialogue avec le reste des œuvres. Ainsi, elle fait la part belle à l’évolution de la définition de l’art telle que l’ont amorcé des artistes comme Beuys au moyen de performances, de happenings, de Land-Art ou de Concept-Art et qui remettent en cause les frontières entre processus et objet, original et documentation, production et réception.

La réception des performances et les apparitions publiques de Beuys sont fondamentales pour comprendre la complexité de sa position artistique. Tout d’abord les performances filmées donnent à voir le rapport pluriel de l’artiste avec les rôles modèles qu’il cite, comme par exemple le guérisseur, le Messie ou le chamane. Certes, Beuys n’a pas été seulement guérisseur, puisqu’il fut aussi malade, tout comme il n’a pas toujours montré la voie, mais fut aussi taraudé par le doute. Dans ces performances, on remarque tout particulièrement d’une part la tension entre l’autorité incarnée par l’artiste, et d’autre part son ambition d’inviter son prochain à agir par lui-même et de manière créative. Bien sûr, Beuys mystifie ses propres actions et son propos condense parfois des vérités générales. Toutefois, il a aussi participé à des discussions politiques et des talkshows, s’est essayé à une chanson contre l’armement, a cofondé un parti et s’est emparé de la communication comme un moyen artistique.

Le fait que la complexité de l’œuvre de Beuys résulte de ces contradictions a parfois été négligé dans la réception de son travail, que ce soit du côté de ses détracteurs qui souhaitent le ranger dans une catégorie plus légère, mais aussi de ceux qui ne veulent reconnaître l’artiste que dans son caractère orthodoxe, balisé. Si la réception de son œuvre fait débat, c’est en raison des tentatives de résoudre les contradictions existantes. A l’inverse, l’exposition prend la position d’affirmer que les contradictions non résolues dans l’œuvre d’un artiste doivent être conservées dans la présentation qu’on en fait. Ce sont elles qui gardent son œuvre vivante.

Captions

THE HEARTH (Feuerstätte) 1968–1974

Installation mit Elementen aus Kupfer, Eisen, Filz, Holz und Kreide (Wagen, z. T. mit Filz umwickelte Kupfer- und Eisenstäbe, Wandtafeln)Kunstmuseum Basel, mit einem Beitrag der Max Geldner-Stiftung und aus dem Ankaufskredit und Galerie-Fonds erworben 1977


Feuerstätte II 1978–1979

Installation mit Elementen aus Kupfer, Eisen, Filz

Kunstmuseum Basel, Geschenk des Künstlers mit Beteiligung der Fasnachts-Clique Alti Richtig u.a. 1979

  

11 Vitrinen

Laboratorien der Imagination, 1949/1984

Kunstmuseum Basel, Dauerleihgabe aus Schweizer Privatbesitz im Kunstmuseum Basel | Gegenwart 1998

 

AUSFEGEN, 1974

Kamera: KP Brehmer, Aktion: 1. Mai 1974

16 mm, Schwarz-Weiss-Film, übertragen auf DVD, mit Ton, 12 Min. 36 Sek.

Copyright 2008 by Brehmer Sammlung und Nachlass Jella und Sebastian Brehmer, Verleih und Vertrieb: Common Film Helmut Wietz

  

Transsibirische Bahn

Gespräch am Strand zu lang, 1970

Kamera: Ole John16 mm, Schwarz-Weiss-Film, übertragen auf DVD, mit Ton, 19 Min. Joseph Beuys Medien-Archiv, Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof, Museum der Gegenwart, Berlin, Copyright 2004   

 

I like America and America likes me (Filmdokumentation der Aktion vom 21. – 25.5.1974 in der Galerie René Block, New York), 1974

Kamera: Helmut Wietz

16 mm, Schwarz-Weiss-Film, übertragen auf DVD, mit Ton; 37 Min.

Verleih und Vertrieb: Common Film Helmut Wietz