
Le Kunstmuseum de Bâle propose à la rentrée 2011, des visites thématiques pour les enfants et adolescents pour des classes ou des groupes. Accompagnés d’un médiateur ou d’une médiatrice, les groupes vont aller à la découverte des oeuvres du musée. Au fil de la visite, les enfants s’interrogent, essayent de comprendre comment naissent les oeuvres d’art, comment l’artiste a vécu, pourquoi et dans quelles conditions, il a travaillé. Ce sont des visites animées par une médiatrice conférencière qui laisse la parole aux enfants afin que chacun devienne acteur de sa propre culture. Avec des viseurs qui permettent de voir autrement, des boîtes à mots, des manipulations, ces visites interactives donnent envie de voyager à l’intérieur des oeuvres d’art…
Trois types de visites sont proposés :
L’apparition du portrait dans la peinture de la fin du Moyen-Age à la Renaissance
Les enfants vont découvrir et s’interroger sur les changements entre la peinture de la fin du Moyen-Age et celle de la Renaissance, voir le passage entre la peinture religieuse à fond d’or au portrait profane. Chercher à savoir pourquoi revient régulièrement l’image de la mort à cette époque. Pourquoi peindre un fond d’or, à quoi ça correspond ? Comment peint-on Dieu, la Vierge, le Christ ? Repérer les iconographies des Saints, de la Vierge et du Christ. Comprendre qu’une femme et son enfant est en fait la Vierge à l’Enfant. Trouver les codes du Moyen-Age. Se les approprier. Suivre le cheminement de la pensée des peintres de cette époque, de Konrad Witz à Hans Holbein le Jeune, comprendre pourquoi le fond d’or disparaît, à quoi servait-il au Moyen-Age, comment les portraits s’individualisent ?
Les natures mortes
Les natures mortes se multiplient au XVIIe siècle. Ce genre naît en Hollande et s’épanouit en Europe. On peint de manière parfaitement illusionniste des objets précieux et raffinés pour montrer que la possession d’objets de luxe n’est que vanité et qu’il faut plutôt penser à se préparer à la mort. Ce sont des tableaux de méditation mélancolique très souvent où la lumière rend visible des objets de luxe. Mais parfois, il y a du suspens : les victuailles de l’oeuvre de Georg Flegel sont-elles vraiment comestibles ? Est-ce que la lumière du tableau de Willem Claez Heda est-elle naturelle ou est-elle d’inspiration divine ? Est-ce que les objets sont peints pour eux-mêmes ou sont-ils une image de la vanité ? Qu’est-ce que la vanité ?
L’invention du paysage au XIXe siècle
Fin XVIIIe siècle, la nature est terrible et redoutable, l’homme est tout petit. On aime peindre des volcans. Mais qui sont les personnages admiratifs devant le volcan en éruption ? Des promeneurs égarés, des vulcanologues, des peintres admiratifs ? Chez Jean-Baptiste Camille Corot, voir le paysage vide et ensoleillé de la campagne romaine avec une composition très classique tout à fait différente. Pourquoi n’y a-t-il personne dans le paysage ? Peint-il devant le motif ou d’après ses souvenirs à l’atelier ? Chez Claude Monet, les arbres dénudés, les enfilades de maisons, les chemins des passants dans la neige suivent une perspective très précise. Monet peint devant le motif, les pieds dans la neige, il peint vite sous une lumière rare et grise. Mais quelles couleurs avait-il sur sa palette ?
De l’Impressionnisme à Paul Cézanne, la reconstruction du paysage
Comment le peintre a-t-il peint devant le motif les effets de lumière, les ombres et les lumières sur les arbres, les prés, les champs ou la mer ?
Claude Monet peint ce qu’il voit, en choisissant le moment où il va peindre. Il peint des tableaux du matin, de l’après-midi, des tableaux de printemps, d’été ou d’hiver. La série est très importante pour lui, il aime montrer les changements et les variations de la lumière. Mais comment fait-il pour peindre avec une peinture opaque, odorante et épaisse les effets de lumière impalpable et leur poudroiement ? Comment procède –t-il pour réussir à transmettre le scintillement de la lumière ?
Pourquoi Paul Cézanne peint-il avec des cubes, des cylindres et des cônes ?
La force des couleurs
Robert Delaunay, dans son hommage à Blériot, retrace l’aventure de l’aviation et de ses premiers héros qui imaginaient que les avions allaient rapprocher les hommes et faire disparaître les frontières. Hélas, la première guerre mondiale donnera un sens amer à cette utopie du début du siècle. Dans l’oeuvre de Robert Delaunay, Hommage à Blériot, on voit plusieurs avions, combien y en a-t-il ? Des hélices, à quoi servent-elles ? Un monument célèbre, lequel est-ce ? Où se trouve la scène ? Y a-t-il des personnages ? A quoi servent les cercles concentriques ? A donner une impression de mouvement, de gaieté, de fébrilité, d’éblouissement ?
L’idée de nature au XXe siècle
Dans la première moitié du XXe siècle, certains artistes choisissent de peindre la nature telle qu’ils l’inventent et l’imaginent. Hans Jean Arp s’approprie la forme des nuages, joue avec elle, réinvente des nuages qui deviennent flèches, moustaches, bouteilles, nombril, étoiles comme une forme mouvante qui bougerait devant les yeux. Max Ernst prend l’empreinte de vieilles planches de bois et y cache des oiseaux farceurs. Paul Klee, lui attend patiemment que les oeuvres naissent en lui, comme le ferait une graine. Il entrelace les couches comme si elles se déposaient petit à petit au fond de la mer.
L’invention de l’art abstrait
Saisir et analyser ce qui a guidé la main des peintres cubistes quand ils sont sortis du principe d’imitation de la réalité. Mais les peintres cubistes resteront toujours des peintres figuratifs. En revanche, Piet Mondrian inventera l’art abstrait, de même que Kasimir Malevitch, ou Wassily Kandinsky à Munich. Mondrian part des oeuvres cubistes, les synthétise et invente des compositions totalement détachées de la réalité physique des objets. Il cherche à atteindre l’essence des choses, l’idée de la peinture par une réflexion très philosophique. Paul Klee, quant à lui est à mi-chemin entre l’art abstrait et l’art figuratif. Il est inclassable, et garde une sensibilité musicale lorsqu’il invente un nouveau type de composition plastique. Il pose ses couleurs par couches successives pour les laisser s’imprégner et se fondre les unes aux autres.
Le Surréalisme
André Breton, pape du Surréalisme a dit que « l’art existait à l’état sauvage », et comment arrive-t-on à attraper un art si sauvage ? Doit-on s’approcher à pas de loup, faire semblant de dormir pour se souvenir de ses rêves, écouter sa musique intérieure, ouvrir la porte de son inconscient créateur ?
En ce cas, il suffirait de s’endormir pour devenir un artiste, de rêver ses oeuvres et de les peindre avec la précision d’un photographe. C’est ce que fait Salvador Dalí, et ça a l’air très facile. Mais comment peut-on se souvenir de ses rêves ? Etaient-ils d’ailleurs intéressants ? Comment savoir ?
Est-ce que l’art surréaliste veut nous inviter à jouer avec les formes, à inventer des images décalées, à ouvrir la porte de notre imaginaire ?
Josef Beuys, la mémoire de l’art
Josef Beuys occupe une place à part sur la scène de l’art contemporain. Né en 1921, né en Allemagne, il va nourrir sa créativité de mythe singulier à l’origine de son oeuvre et de son développement. L’histoire de sa chute lors du bombardement de son avion pendant la guerre de Crimée et de son recueillement par une tribu Tatar est une légende aux deux sens du terme : il est difficile de trouver des traces historiques de cet épisode qui apparaît dès lors comme un mythe. Mais c’est aussi la légende au sens géographique du terme, c’est ce que l’on doit lire pour interpréter la carte géographique, de la même manière, ce mythe est la clef d’interprétation de l’oeuvre de Beuys.
Le Pop Art
Dans les années soixante, les oeuvres de Rauschenberg, de Claes Oldenburg, de Lichtenstein et de Warhol ont brutalement fait entrer la culture populaire et la vie quotidienne dans les galeries et dans les musées d’art contemporain. Soudain, la bouteille de coca-cola, les acteurs d’Hollywood, les publicités, les images populaires entraient au musée. Mais, les artistes avaient un regard décalé sur la société de consommation. Dès son apparition, les artistes du Pop Art ont déjà saisi les mutations de la société en cours.